Site eco-responsable : nécessité ou argument marketing ?

Avant toute chose, cet article n’a pas vocation à être moralisateur mais informatif.

Après les produits, les marques… C’est au tour du web de se montrer sous son plus beau profil « green 🪴 ».

Depuis quelques mois maintenant, de nouvelles offres de « Création de site éco-responsable » apparaissent un peu partout. Et sur le papier, c’est une grande avancée.
Parce que, comme beaucoup, je suis en PLS quand je pense à la planète. Celle que je laisse à mes enfants.

Mais en faire un argument marketing ou carrément du greenwashing ? Nope, pas de ça ici.

Petit rappel : fermer les fenêtres avant de mettre le chauffage. C'est pas de l'écologie, c'est du bon sens...

1. Un site eco-responsable, c'est quoi ?

L’éco-conception de site, qu’on trouve aussi sous le terme « durable » (Sustainable web design) c’est tout simplement une conception réfléchie, avec pour objectif une consommation de ressources raisonnée.

Petit rappel :

Une page web produit en moyenne 0.5 grammes de CO2 à chaque vue.
Pour un site avec 10,000 pages vues mensuelles, c’est 60 kg CO2 par an.

Source : websitecarbon.com

Ok, 60kg de CO2, ça peut sembler minuscule par rapport à l’objectif d’empreinte carbone de 2 tonnes / an et par personne. Tu peux aussi te dire que ton site n’a pas 10 000 pages vues par mois. Mais, en 2022, il y a près de 2 milliards de sites web dans le monde et le numérique représente aujourd’hui 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde et 2,5 % de l’empreinte carbone en France.

Source : Arcep

Mais avant de réveiller ton éco-anxieté, petite (re)mise en perspectives avec ces données issues de l’Ademe (je t’avoue que j’ai été très surprise par ces chiffres).

Pollution carbone du numérique

Non, je ne dis pas que la pollution du numérique c’est peanuts.

Au contraire, il y a beaucoup de choses à faire dans le secteur mais vendre (plus cher) un site web sous prétexte qu’il est éco-responsable, c’est du bullshit.
Surtout si ça consiste seulement à limiter le poids de tes images.

Alors, concrètement, tu peux faire quoi avec ton site ?

2. Réduire le nombre de pages vues

Ça te parait certainement contreproductif mais rendant ton parcours utilisateur plus simple, ton site gagnera en fluidité et en efficacité. Le calcul est simple : moins de navigation = moins de ressources consommées (et un visiteur heureux d’avoir trouvé ce qu’il cherchait).

Par où commencer ?

Travailler ton SEO. Oui le SEO a clairement sa place dans la création de site eco-responsable. Tout simplement parce qu’un site correctement référencé, répondra efficacement à une demande et évitera de la navigation superflue. Entre-nous, est-ce que les visiteurs qui quittent ton site après une page et quelques secondes de navigation t’apportent quelque chose ? Non, et c’est même l’effet inverse qui se produit car en augmentant ton taux de rebond, ils indiquent aux moteurs de recherche que le contenu de ton site n’est pas cohérent avec ce qui apparait dans les résultats de recherche… Fail !

Ensuite, tu peux améliorer ton expérience utilisateur (UX). Là encore, tout est question d’efficacité.
Ton visiteur doit parcourir 7 pages pour obtenir une réponse à sa question, faire un achat ou entrer en contact avec toi ? C’est 5 pages de trop (et certainement du temps perdu). Quel est ton ressenti dans la même situation ?
Frustration et changement de site ? Mais surtout : Fail (again) pour ton site.

Mon tip : regarder tes statistiques, c’est une vraie mine d’or pour savoir où tu es efficace et où placer tes efforts.

3. Alléger tes pages

Pas besoin d’être docteur en mathématique pour comprendre que plus une page est lourde (en octets), plus son temps de chargement sera grand, plus il y aura besoin d’énergie pour la consulter…

Et pourtant, avoir des pages légères, ce n’est pas si compliqué.

Les visuels

Sur un site, une image a principalement deux fonctions : informer ou illustrer (un propos, une situation). Mais il est assez fréquent qu’elles soient aussi utilisées à titre décoratif, voire même pour « meubler » des pages un peu trop vides…

Mais mal utilisées, elles sont responsables de 90% du temps de chargement des pages. Même chose pour les vidéos. En limitant leur nombre et leur taille, on économise du temps de chargement. C’est mieux pour ton référencement et pour la planète !

En plus, c’est assez simple à mettre en place :

  • s’assurer que chaque image à un but, si ce n’est pas le cas et qu’elle ne sert pas ton propos : poubelle !
  • réduire la taille des images avant de les uploader, ta photo en 5000px de hauteur qui apparait seulement sur 3cm d’écran : Nope !
  • utiliser un format next-gen comme le WebP (qui, en plus, plait à Google) en optimisant tes images (Shortpixel fait très bien le job).
  • préférer les « embed » pour les vidéos et surtout désactiver la lecture automatique qui est aussi désagréable pour l’utilisateur qu’énergivore

Les extensions

Là encore, est-ce que tout ce qui est installé sur ton site est vraiment nécessaire ? Que ce soient les animations en tout genre, les addons de constructeurs de pages dont tu n’utilises qu’une fonctionnalité mais qui en chargent 50 ou les multiples passerelles de paiement… As-tu réellement besoin de tout ça ?

Tu dois chercher l’efficacité ! Et d’ailleurs, est-ce que tu as une approche Mobile First ?

Mon tip : Ne pas hésiter à faire régulièrement de la veille et le tri des extensions de ton site. Et est-ce que certaines ne pourraient pas être remplacés par quelques lignes de CSS ? Et éviter les plugins tout-en-un qui sont généralement bien trop lourds pour une utilisation basique.

La technique

On arrive dans la partie la moins évidente pour la plupart des utilisateurs de WordPress (parce que le sujet n’est pas vraiment sexy) : l’optimisation du temps de chargement.

Même en ayant des images poids plume et des extensions bien utilisées, un site peut être lent à charger. 

En plus de veiller à purger et précharger le cache de ton site lors de ses mises à jour, il existe de nombreuses extensions d’optimisation (WP Rocket ou Autoptimize, par exemple) qui permettent assez facilement de :

  • minifier tes fichiers CSS et JS,
  • charger les images de manière asynchrone,
  • différer le chargement de certaines ressources

Mon tip : Tester régulièrement ton site avec Page Speed de Google, Yellow Lab Tools, si ton résultat est inférieur à 70, il est important d’agir.

4. L'hébergement

C’est peut-être le sujet le plus difficile : trouver un compromis entre performance, qualité et efficience énergétique…

Je suis loin d’avoir testé tous les hébergeurs du marché mais tu pourras trouver un référentiel et une liste des hébergeurs « green » sur le site The Green Web Foundation.

Mon tip : tu peux tester ton site sur Website Carbon Tester pour savoir si ton hébergement utilise des énergies « durable ».

Conclusion

La conclusion, tu t’en doutes, c’est qu’il n’y a pas de débat à avoir sur la nécessité de faire attention à notre consommation et la data n’échappe pas à la règle.

Mais utiliser l’éco-conception comme argument de vente, alors qu’elle repose sur le bon sens, c’est jouer sur l’éco-anxiété et ça, c’est mal.

Et si tu n’es pas convaincu(e) par, je vais juste te rappeler que pour être bien référencé, un site doit être pertinent, bien conçu, rapide, efficace, fiable.

Et ça tombe plutôt bien parce que c’est aussi comme cela qu’on définit un site eco-conçu. Win-win!

Dans les faits, ça donne quoi ? Je te laisse juger :

Website carbon tester Paulette Factory
Optimisation de site et page speed Paulette Factory

Si jamais tu as un projet de site et/ou des questions, n’hésite pas à me contacter.

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